Dimanche 21 novembre 2010 7 21 /11 /Nov /2010 12:50

http://www.culturopoing.com/img/image/cyril/affiche-rubber.jpg

 

Note: désolé pour l'absence de mise à jour ces derniers temps, je suis quelque peu occupé. Promis j'essaierai d'être plus régulier dans les semaines à venir, et de revenir sur des choses vues cette année, que je n'ai pas eu le temps (ou oublié, autant être honnête) cette année.

 

L'histoire: Quelque part, au beau milieu du désert américain, un spectacle se prépare. Un groupe de spectateurs, armé de jumelles, s'apprête à assister à un drôle de spectacle que leur propose un policier, secondé par un curieux assistant. Le spectacle commence, et voilà qu'ils assistent à l'aventure d'un pneu qui prend vie, et qui se découvre des pouvoirs télékinésiques meurtriers. Histoire auquel participe le policier organisateur du spectacle. Mais très vite, le contrôle de son petit film vivant commence à lui échapper...

 

"Mais... Je croyais que c'était un film sur un pneu qui tuait des gens!"  Effectivement, moi aussi je le croyais, puisque tel était le film que l'on nous avait vendu. Et si cela n'est pas entièrement faux - après tout, l'histoire du pneu tueur est bien là -  cela n'est pas véritablement l'histoire du film, mais bien celle présentée dans le résumé. Si je me permets de dévoiler le véritable cheminement de l'histoire, ce n'est que pour permettre de mieux savoir de quoi il en retourne, afin de mieux savoir ce qui attend les spectateurs pour ce film, un peu comme pour Steak... Si, contrairement à ce dernier, on nous le vend bien comme une bizarrerie cinématographique, et donc moins de tromperie sur la marchandise, la présentation de l'histoire, elle, a été quelque peu biaisée. En effet, le film n'est pas véritablement cette histoire de pneu tueur, et cela pourrait donc décevoir les spectateurs venant spécialement pour cela., a venir voir une comédie trash et bizarre axée sur cette histoire. Ce qui pourrait donc venir à tromper des spectateurs déjà plus exigeants que pour Steak, ce qui est un peu une ironie du sort... En réalité, le film renferme un scénario bien plus inaccessible, et demande au spectateur à être encore plus exigeant et s'attendre à une histoire encore plus délirante. Mais un délire tellement autre, tellement moins "conventionnel", si je puis dire, qu'un pneu tueur, qu'il laissera probablement encore plus de monde sur le carreau que son précédent métrage...

 

En effet, l'histoire du pneu tueur dans "Rubber" n'est qu'un prétexte. Les scènes constituant cette histoire pourraient en effet ne faire qu'un court métrage, l'histoire concernant le pneu tueur est somme toute basique, car le véritable coeur du film se situe dans ce jeu de mise en scène absurde et inexpliqué (mis en abîme par le fameux discours d'introduction du film sur le "No Reason"), cette relation entre les "spectateurs" et ce "film" qui vont se mélanger petit à petit au fur et à mesure du déroulement du film. Ainsi, on trouvera des gens "au courant" de cette mise en scène et d'autres complètement extérieur à cela, et ils viendront à se rencontrer pour donner lieu à une histoire complètement farfelue, que certains trouveront à dormir debout, tandis que d'autres se délecteront de cet énorme "Non- Sens" qu'est Rubber. Si les plus réfractaires trouvai,nt Steak incompréhensibles, ils risquent de faire une attaque devant ce nouveau métrage de monsieur Dupieux, qui aura vite fait de les perdre. Car c'est vraiment cela de bout en bout, "Rubber", du non sens absolu. On ne sait pas pourquoi cela arrive, on ne sait pas quelles en sont les raisons, on ne sait pas comment ces gens sont arrivés là, on ne sait pas pourquoi cela se termine comme ça. Et on ne le saura jamais, car on est averti dès le début: no reason. Il ne faut pas chercher à comprendre. Cela arrive, et c'est tout, inutile de chercher une explication rationelle. Libre ensuite à chaque spectateur d'accrocher ou non à ce délire.

 

Et pourtant, malgré ce constat qui peut paraître extrêmment rebutant, tout cet absurde qui constitue le coeur même du film, s'enchaîne avec une telle limpidité et un tel liant, qu'il en devient étonemment cohérent. Certains, lors des projections avant première, en sont resortis déçus, trouvant que les scènes de l'histoire des spectateurs consitutaient une rallonge artificielle de l'histoire du film. Il n'en est rien, cela s'inscrit parfaitement dans le déroulement, car il s'agit en fait du véritable axe du film. Les deux situations, les spectateurs et l'histoire du pneu, finissent par se retrouver, et ne former qu'un ensemble au final très cohérent. Mais ce qui frappe surtout dans Rubber, c'est tout ce foutage de gueule de l'univers du cinéma. Entre le groupe de spectateurs simulant tous les désagréments d'une salle de cinéma, la bouffe prposée aux spectateurs comme un entracte, le spectateur se plaignant de la fin du film (donnant lieu à une scène hilarante, pour ma part), le plan de fin... Pour moi ce fut un "message" (notez la présence de guillemets...) évident du film, et l'un des principaux centres d'intérêts.

 

Pour le reste, Dupieux n'en n'oublie pas certaines de ses habitudes, comme un humour dont l'absurdité est poussée à l'extrême: il ne fait pas rire avec des gags mais avec des situations impossibles, comme un pneu qui prend une douche, ou bien des lampadaires qui se retrouvent secoués par un vent qui n'existe pas. La bande son - signée Dupieux lui même et Gaspard Augé, la moitié moustachue de Justice - est également excellente, entre des mélodies et des sons très légers créant un décalage avec l'histoire et façonnant cet humour dont on parle, et aussi des morceaux très pesants, lourds, comme celui du générique d'ouverture. Niveau réalisation, c'est très brillant, malgré les maigres moyens volontairement utilisés par Dupieux et sa team. Entièrement filmé avec un appareil photo dernier cri (le Canon Eos 5D Mark II), et avec l'absence totale d'un directeur photo, le film renferme des images à tomber par terre, à la lumière sublime, et qui gagneront en valeur lors de la sortie DVD, et surtout en Blu-Ray. Dans sa manière de filmer, on se rapproche du tout premier film de Quentin Dupieux, Non-Film, où il filmait beaucoup caméra au poing. Il réitère un peu cette manière de filmer, lorsqu'il suit le pneu. Ce qui ne l'empêche pas de proposer de très beaux plans fixes (Rubber contient l'un des plus beaux plans de moustachu de l'histoire du cinéma). Le fait de se dérouler dans un univers désertique, et d'être très absurde, ne fait que renforcer cette impression. Enfin, au niveau des acteurs, si la communication du film a beaucoup été axée sur Roxanne Mesquida qui, au final, n'apparaît pas beaucoup dans le film, il est à saluer la prestation de Stéphane Spinella, trop peu mentionné, qui reflète très bien l'esprit du film, à la fois drôle et inquiétant, par tout le mystère (inexpliqué, bien sûr) qui l'entoure.

 

En résumé, Rubber, c'est comme Steak, voire même pire. Il ne fera que prêcher les convertis depuis le précédent fait d'armes de Dupieux. Maisi ici, profitant de gérer un projet personnel jusqu'au bout, il se permet des choses encore plus improbables, qui pourra même faire fuir des spectateurs déjà un tant soit peu exigeants. Et c'est bien là le seul défaut de ce film, et de la manière dont le réalisateur appréhende le cinéma, car le film apporte une véritable fraîcheur, par sa manière de filmer, de raconter une histoire, de proposer l'humour, sa bande son... Pour peu qu'on accroche au délire qu'il propose, on ne s'ennuiera pas une seule seconde. Certains regretteront cette approche hermétique, et cela peut aisément se comprendre. Mais après tout, ne cessons-nous pas d'entendre qu'un réalisateur se doit de filmer sa véritable vision des choses ? A ce jour, je crois que Dupieux est celui qui correspond le plus à cette problématique...

 

barometre-omnibus-4etdemi.jpg

 

Les + :

- Image sublime

- Très original

- "C'est du nouvel humour"

- Stephen Spinella, impeccable.

- Bande son excellente

 

Les - :

- L'histoire n'est pas vraiment celle vendue.

- Laissera une fois de plus les réfractaires sur le carreau.

 

Rubber: un film de Quentin Dupieux
Genre: No Reason
Durée: 1h25
Avec : Stephen Spinella (Chad), Jack Plotnick (le comptable), Wings Hauser (L'homme au fauteuil),
Roxanne Mesquida (Sheila)... 
INTERDIT AUX MOINS DE 12 ANS
Par Guillaume - Publié dans : Cinéma
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 14 juillet 2010 3 14 /07 /Juil /2010 19:01

http://sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc3/hs569.snc3/31053_117139554989306_100000797874616_97845_7652118_n.jpg

 

 

 

"Le Stupéflip C.R.O.U. ne mourra jamais" ne cessait de répéter King Ju au long de ses deux albums. En voici une nouvelle preuve avec la sortie quasi-innatendue de ce DVD retraçant les premières années de la carrière très mouvementée de ce groupe atypique. Pourtant, on a bien failli croire au contraire, car cela faisait maintenant un peu plus de 5 ans que le C.R.O.U n'avait pas donné de signe de vie depuis la sortie de leur dernier album "Stup Religion". Les heures de la bande à Ju n'on en effet pas été des plus heureuses ces dernières années, notamment à cause d'un procès (perdu) contre BMG, la maison de disque-mère sous laquelle ils étaient signés. Rupture de contrat, retour des invendus... On croyait là le Stup Monastère définitivement définitivement à terre. C'était sans compter sur la ténacité du leader masqué à ne pas se laisser faire.

 

Si la parenthèse de la carrière de Stupéflip fut assez houleuse, ses membres n'ont pas chômé pour autant. Cadillac , par exemple, est ainsi devenu Bruno Candida, un performer assez étrange et inquiétant se basant sur l'univers politique. Quand au sus-nommé King Ju, et bien il a enchaîné les projets: réalisé l'univers sonore de l'exposition Castelbajac à Paris, a participé au dernier album de Lofofora en venant poser sa voix sur la galette, et en dessinant la pochette de l'album, et à même poussé Pop-Hip a faire un duo avec une star montante de l'Internet à l'époque, à savoir "Simone elle est bonne". Et petit à petit, au fil des années, Stupeflip a commencé à réapparaitre sur le net, via le chaotique forum du site de l'époque du groupe, et le myspace de King Ju. Des nouveaux morceaux ont commencé à être dévoilés, des maquettes révélées, et une fantomatique annonce de 3ème album. Tout pour faire renaître le C.R.O.U de ses cendres. Mais rien ne s'est jamais dévoilé concrètement.

 

Puis, petit à petit, les choses se sont accélérées, des goodies, ainsi que les anciens albums (jusque là en rupture de stock) ont été mis en vente sur le site de Crackedz et les teasings se sont multipliés, jusqu'à l'annonce de cette fameuse nouvelle ère, qui commence avec la commercialisation de ce DVD. DVD que tu ne trouveras dans aucun magasin, King Ju, fort de son amère expérience avec une major, ayant décidé de prendre toutes les choses en main, et de vendre lui même tout ce que produirait désormais le C.R.O.U., y compris le prochain album. Echappant au joug de tout label, Stupéflip est désormais véritablement indépendant, seul vrai maître à bord de son bateau.

 

Voyons maintenant ce que nous réserve la première étape de cette nouvelle ère du Stup. Enfermé dans un écrin digipack très classe, dessiné par King Ju comme à son habitude, le DVD a été très soigné. Si Stupéflip a toujours divisé les foules (créant deux camps, ceux les prenant pour des petits rigolos se faisant passer pour des rebelles de base, et ceux adhérant totalement à cette radicalité totalement volontaire), une chose est sûre, ce DVD n'est pas là pour réconcilier tout ce petit monde! Toujours aussi direct dans le fond, la forme l'est encore davantage. A commencer par le menu, représentant un bureau de travail de King Ju (déjà aperçu dans le livret du premier album), jonché de mégots de clopes, de CD hors de leurs boîtiers, d'un clavier crade et autres joyeusetés, et sans indications préalables, ce DVD est clairement là pour montrer que Stupéflip n'est pas forcément un groupe présent  que pour amuser la galerie, contrairement à l'étiquette qui leur a été collée. L'impression se renforce avec le reportage (50 minutes) qui leur est consacré, rempli d'images de live, de films promos, d'extaits d'interviews inédites (notamment le manager sous BMG de Stup) et de passages télés, dont le chaotique passage chez Ardisson qui, on l'apprendra, leur a valu une volée de bois vert de tous bords. Le montage du reportage est très chaotique, laissant libre cours à l'univers artistique et l'imaginaire du C.R.O.U. Assez déstabilisant au premier abord, il n'en est pas moins une expérience visuelle hors du commun et parfaitement cohérent avec ce qu'il propose. Concrètement, les fans de Stupéflip n'apprendront pas grand chose de véritablement neuf, mais il est intéressant d'avoir véritablement le point de vue du groupe sur toute cette période, et de mettre les choses au clair.

 

L'autre point d'orgue de ce DVD est le live enregistré au Grand Mix de Tourcoing, le 22 novembre 2005. Un live de 45 minutes qui s'occupera définitivement de sceller les avis de chacun sur le C.R.O.U., tellement il est radical. En règle général, quand on filme des concerts, on essaie de faire en sorte qu'il y ait une sorte d'harmonie entre le groupe et son public, de retenir que les moments de liesse, le public en joie qui en redemande, et le groupe qui prend son pied. Et bien ici, c'est tout l'inverse! A l'époque où le site de Stupeflip contenait un forum, où King Ju s'y exprimait très souvent, il avait très clairement exprimé son mécontentement sur cette date, où il avait qualifié le public de "mer d'huile", leur reprochant son manque d'activité. Maintenant que l'on peut juger sur pièces, chacun se fera son avis sur le fait que le public de Tourcoing soit mauvais ou pas, en revanche, on peut bien sentir l'agacement du groupe sur scène, et que cela n'est pas feint, balançant au public diverses joyeusestés à leur encontre tout du long, jusqu'à craquer à la fin, et leur balancer leur 4 vérités en pleine face! La vidéo se finit par de longues minutes où le public, assez surpris par cet accueil, répond en sifflant et en conspuant le groupe! Assez hallucinant à voir, à la fois déroutant et drôle! Musicalement, bien que King Ju ait toujours déclaré qu'il détestait faire des concerts, il est quand même à souligner qu'il prend une toute autre dimension sur scène, où la mise en scène est soignée, avec des décors et des visuels bien classes, et un son qui devient bien plus puissant. Une radicalité qui fait vraiment plaisir. Seul bémol, il est assez dommage que le concert se soit vu amputé de plusieurs passages. Il n'est en effet pas intégral, contrairement à ce que prouve un enregistrement audio traînant sur le net, et qui laisse davantage transparaitre le malaise entre Stupéflip et le public. Dommage, mais le concert est à voir en vidéo plutôt qu'en audio seul, l'aspect visuel renforçant cet aspect radical.

 

Pour finir, le DVD contient quelques bonus, comme les deux clips ("Stupéflip" et "Je fume pu d'shit" en bonne qualité), de longues galeries de dessins et de photos et quelques bonus étranges ici ou là. Au final le DVD vaut bien ses 45 euros. Oui, 45 euros. Mais évidemment, ce prix se justifie sur le fait qu'il ne soit pas vendu seul, mais avec tout un lot  bien fourni de goodies comprenant un t-shirt inédit, un poster géant, des autocollants, des badges et des photos du C.R.O.U. en concert. Au final un bon investissement pour tout fan qui se respecte, d'autant plus que c'est par l'achat de ce pack financera dans son ensemble le prochain album qui, je vous le rappelle, sera produit de manière 100% indépendante. Une initiative tellement rare qu'elle est à saluer et encourager. Après, tout le monde n'a pas forcément envie des goodies à côté, et c'est compréhensible. Mais il va falloir faire un choix.  CHoix que certains ont déjà critqué, et dont King Ju a répondu par un cinglant communiqué! Mais pour tout ce qu'il propose, le prix n'est pas franchement si excessif. C'est le prix à payer pour que le Stupéflip C.R.O.U. ne meure jamais!

 

barometre-omnibus-4.gif

 


Les + :
- Enfin des nouvelles du C.R.O.U. !
- Un bel objet.
- Visuellement intéressant et cohérent.
- Le concert, complètement chaotique.
- Finance le prochain album.
- Plein de  goodies en supplément...

- Les - :

- ... mais qu'on est obligés d'acheter pour avoir le DVD! 

- Les fans n'apprendront pas grand chose de neuf.
- Ne convertira pas les infidèles!


Stupéflip - Le Stup DVD - Disponible sur stupeflip.com

Par Guillaume - Publié dans : DVD
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 23 avril 2010 5 23 /04 /Avr /2010 23:38

http://www.lecargo.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/15-20-222b6.jpg

 

Date: Jeudi 15 Avril 2010
Lieu: Le Cargö (Caen)
Genre: Electro


Je l'avais évoqué lors du live report de la 11ème édition du Nördik Impakt, des grosses pointures avaient décommandé à la dernière minute de la programmation: Dan Black, A-Trak, Surkin... ont laissé un grand vide dans une programmation certes sympathique, mais qui aurait pu être bien plus démente. Et parmi eux, il y avait également les italiens de Bloody Beetroots, repabtisés entre temps Bloody Beetroots Death Crew 77, qui sont pourtant apparus le lendemain à l'édition 2009 de "I Love Techno" en Belgique. Mais contrairement à leurs camarades sus-cités, les Bloody sont quand même venus jouer à la capitale Normande. Et ce fut jeudi dernier.

 

Mais avant de parler de toute qualité musicale, voici un petit avertissement à l'attention des éventuels futurs spectateurs des Bloody ayant bien dépassé la vingtaine d'année. Surtout venez avec des gens se rangeant dans votre tranche d'âge, le plus possible, ou alors vous vous sentirez... vieux. Accompagné d'un convive légèrement plus jeune que moi, quel ne fut pas notre choc lorsque nous découvrîmes que près de 90% du public ne devait guère dépasser les 16 ou 17 ans. Je ne porte évidemment aucun jugement sur ce point, mais force est de constater que, quand vous n'apercevez (presque) aucun convive de votre âge ou plus, la solitude se fait grandement, mais alors GRANDEMENT sentir! Vous voilà prévenus, alors préparez bien votre sortie!

 

http://www.lecargo.fr/local/cache-vignettes/L367xH550/_IGP0003_copie_copie-5-319ae.jpg

Le chanteur des Wave Machines, dont la patience et la gentillesse sont à saluer...

 

Nos amis Italiens étaient donc le point d'orgue d'une soirée électro organisée par l'équipe du Cargö. Et qui dit "soirée électro", dit d'autres artistes électro au cours de la soirée. C'est ainsi qu'ils furent précédés par... un groupe de pop. Il s'agissait là en l'occurence des Wave Machines.Si leur musique présentait quelques sonorités au synthé et vaguement électronique, ce choix de programmation laisse vraiment plus que perplexe, tant ils n'avaient quasiment rien à voir avec l'électro. Et résultat, il leur en a fallu du courage pour assurer leur set. jusqu'au bout Le public de fluokids venus pour leurs idoles masquées n'en n'avaient pour ainsi dire que faire d'eux. Les musiciens avaient beau remercier le public de leur accueil, ça ne faisait pas illusion deux secondes, et cela faisait vraiment de la peine à voir. Le seul moment où le public a daigné se réveiller, c'est quand le chanteur a annoncé qu'ils venaient d'Angleterre ("haaaaa, hiiiii, ouéééééé" répondit le jeune qui trouve généralement que l'Angleterre est le pays le plus génial du monde). Et ce fut tout, car le jeune voulait de l'électro. Résultat, difficile de juger et d'apprécier dans une ambiance pareille le show des anglais. Leur musique s'avère très sympathique, mais sans plus. Mais encore une fois, difficile de dire s'il s'agit du fait que je n'ai pas accroché, ou bien du fait que j'avais pitié d'eux, de les voir se démener devant un public aussi peu réceptif. A revoir dans de vraies conditions pour pouvoir avoir un véritable avis.

 

http://www.lecargo.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/_IGP0266_copie_copie-4-b9e28.jpg

Les deux compères de Something A La Mode.


L'électro pointa son nez juste après, mais toujours sans les Bloody. Il a fallu encore patienter avec les Someting A La Mode. Sous ce nom à chier (oui, faut quand même pas déconner), se cachent deux jeunes gens issus du conservatoire. Leur concept, mélanger musique classique en jouant des grands morceaux du répertoire du même genre, avec de véritables instruments (violon et violoncelle), le tout remixé en live à l'aide de machines électroniques. Pas bête. Résultat: plutôt efficace et agréable, mais au final rien de bien neuf. Le son marche bien, pas de problèmes, mais ça sent légèrement le déjà entendu, et on en vient à oublier le concept de base et les "vrais" instruments. Un moment agréable donc, mais loin d'être original. Mais le public semble toutefois avoir grandement apprécié.

 

http://www.lecargo.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/_IGP0484_copie_copie-4-6f93d.jpg

Spiderman, spiderman...


Et arrivèrent enfin les stars de la soirée. Et là, première surprise, le duo est désormais un trio. Seconde surprise, la présence sur scène d' instruments "traditionnels" comme une batterie et une guitare électrique, là où l'on s'attendait plutôt à voir deux DJ derrière leurs machines. Si leur premier album, Romborama, au deumeurant très sympathique, dégage un univers un peu furieux, mais sans toutefois lâcher toute sa puissance, sur scène, en revanche, les transalpins n'ont aucune pitié, et ne font pas dans la demi mesure dès le début. Du son très puissant, au rythme bien entraînant, bien aidé par le son des instrus traditionnels (notamment la batterie) qui renforce la puissance de la musique. Les Bloody ont souvent été comparés à Justice, mais très sincèrement, je cherche encore les points communs entre les deux groupes. Les deux groupes lâchent chacun du son puissant, sur scène ou en studio, mais ne sont absolument pas du même ordre. Le duo de frenchies mettra le paquet, mais leur son sera plus léché, travaillé. On sentira bien que la musicalité du son est mise en avant. Pour les Bloody, il en résulte un côté nettement plus anarchique, bordélique, proche du punk rock, ce que certains passages du show, nettement aidés par des riffs de guitare électrique bien puissants et les cris énervés du "chanteur", ne manqueront pas de confirmer. Ce côté archaïque ne plaira pas forcément à tous (ce qui fut le cas de mon convive ce soir là), mais leur efficacité sera quand même reconnue au final. Un son bordélique qui fait apparaître des redondances lors de certaines parties du show, mais relancées au final par des reprises efficaces, ou surprenantes. Le rappel fut assuré en duo avec les "Something...", mais dont l'intérêt de leur présence fut assez limitée, car le son des Bloody était tellement fort, qu'on n'entendait même pas le son de leurs instruments! Au final, nos amis masqués portent sur scène un son grandement efficace, puissant et proche du punk rock, qui aurait pu me déchaîner  encore plus si le fait de nous déhancher avec des jeunes en âge d'être nos petits frères et soeurs ne nous freinait pas! Un concert que je recommande largement si vous avez l'occasion d'y assister, mais à prendre avec les précautions nécessaires, aussi bien mentales que musicales (oui ça ne veut rien dire mais j'me comprends)!

 

barometre-omnibus-3etdemi.gif

 

Photos: © Laurent Sand pour Le Cargö (Caen).

Par Guillaume - Publié dans : Spectacles
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 14 avril 2010 3 14 /04 /Avr /2010 00:53

http://carouselcakechic.files.wordpress.com/2009/08/saturday-night-live-logo.jpg


Dans les films, il y a toujours des acteurs, qu'on voit tout le temps, partout, dont on connaît la tronche par coeur, mais dont on est jamais foutus de se rappeler du nom. Et bien le "Saturday Night Live", ou SNL pour les intimes, c'est un peu pareil pour nous autres français: on connait plein de choses issues de cette émission, pourtant, on n'est pas foutus de dire, pour la plupart, d'où ça vient. Acteurs, films, répliques... Ils font tous désormais partie de notre culture dite "populaire": des films comme Wayne's World, les Blues Brothers, des acteurs comme Bill Murray, Will Ferrel ou Dan Akroyd (Ghostbusters!), ou des sketchs cultes comme la nuit au Roxbury avec Jim Carrey (What is love!)... Les exemples ne manquent pas, et pourtant, l'émission dont ils sont tous issus reste injustement méconnue chez nous, excepté de quelques férus.


Devenue une véritable institution aux Etats-Unis, le SNL officie désormais depuis trente-cinq ans (35!) aux Etats-Unis, le samedi soir, comme son nom l'indique, sur la chaîne NBC. L'émission est devenue un passage obligé pour tous les acteurs et humoristes en vue au pays de l'Oncle Sam, et un véritable tremplin pour les acteurs résidents de l'émission: ils sont  en effet déjà nombreux à être issus de ce show, et connaître désormais une carrière internationale: Mike Myers, Eddie Murphy, Chris Rock, Adam Sandler, WIll Ferrel... Et d'autres de la génération en cours de diffusion ou des saisons très récentes suivent le même chemin: Tina Fey, Andy Samberg ou encore Bill Hader.


L'émission reste assez méconnue chez nous, donc, et pourtant, on connaît le principe: pendant un peu plus d'une heure, et en direct (chose assez rare pour une émission de divertissement aux Etats-Unis, par risque de prononcer des mots fatals tels que Fuck ou Shit), l'équipe d'acteurs de l'émission enchaîne des sketchs en compagnie d'un invité, différent chaque semaine. A deux ou trois reprises, un invité musical offre sa prestation, elle aussi en direct et sans play back (une seule personne, Ashlee Simpson, se fera prendre en flagrant délit de faux live. Elle s'en expliquera par des problèmes de voix ce jour là). Ce concept ne vous est pas inconnu ? C'est normal, car il a été repris a plusieurs reprises en France, toutes diffusées sur l'antenne de Canal+. Mais là où l'émission originale dure depuis plus de 3 décénnies aux Etats-Unis, chacune des moutures françaises n'a pas excédé les 2 saisons, grand  maximum. La plus connue, celle initiée par Les Nuls ("Les Nuls, l'émission"), véritables fans du SNL (jusqu'au point de très largement s'en inspirer), dura 2 saisons et pris fin en 1992 par décision de la troupe, épuisée par la masse de travail que cela représentait. La suivante est la moins connue, et s'avère quasiment oubliée de tous aujourd'hui: "Ce soir avec les nouveaux", qui ne dura qu'une seule saison. Elle mettait toutefois en scène des acteurs loins d'êtres inconnus, comme Serge Hazanavicius, Alexandre Pesle ou Christian Borde, alias Jules Edouard Moustic. C'est d'ailleurs dans cette émission que débuta le célèbre journal de Groland. La dernière, plus récente (2004), ne dura même pas une saison, car jugée trop coûteuse par la chaîne, malgré son succès. C'était toutefois une adaptation officielle du show américain, rebaptisée "Samedi soir en direct", et était produite, via Endemol, par Dominique Farrugia, un fervent admirateur du show. Elle mettait en scène des humoristes comme Kad et Olivier ou Jonathan Lambert.


http://nexgendesignsolutions.com/DonSchmid/wp-content/gallery/ge-healthcare/studio-8-h-p1010104.jpg

Le plateau du SNL, de nos jours.


Mais de l'autre côté de l'Atlantique, l'émission a plusieurs fois plié, mais a toujours fini par résister dans sa case du samedi soir depuis ces 35 années. Proposée par le producteur canadien Lorne Michaels en 1975, c'est le premier programme "frais" qui a fini par remplacer les rediffusions du samedi soir des numéros du "Tonight Show" (aujourd'hui tenu par Jay Leno, après un bref passage de Conan O'Brien) diffusés dans la semaine. Accepté par la direction de NBC, Lorne amène dans sa besace des visages de la scène humoristique américaine un peu underground: Jon Belushi, Dan Akroyd ou Chevy Chase, mais aussi Laraine Newman, Gilda Radner, Garrett Morris et Jane Curtin. L'émission prend place dans le studio 8H de la mythique tour NBC du Rockefeller Center, qu'elle ne quittera plus. La première émission accueillera le désormais regretté George Carlin (excellent humoriste américain de stand-up) comme hôte. La première saison connaîtra un succès, bien qu'il ne soit pas immédiat, autant critique que public. L'émission devient culte auprès de la jeunesse américaine, et son mélange de parodie de pop culture et de satire politique devient la marque de fabrique de l'émission. Elle instaure déjà des sketchs récurrents comme le "Weekend Update" faux journal de l'émission, dont la première mouture fut présentée par Chevy Chase. En France, Les Nuls avaient également inséré une telle séquence dans leur show, intitulée "L'Edition", présentée par Chantal Lauby et alain Chabat sous les traits de Pénélope Solète et Maurice Chevalier.


La suite de l'histoire est moins rose pour le SNL. Au début des années 80, Lorne Michaels démissionne car NBC refuse que l'émission s'arrête pendant plusieurs mois (toute l'équipe est en effet épuisée, la somme de travail que représente le show est énorme, et la drogue commence à circuler dans les bureaux). Toute l'équipe est alors virée et renouvelée entièrement. Mauvais choix: les saisons à venir seront des flops, la satire politique disparait peu à peu, et l'audience commence alors à chuter. Au milieu des années 80, la production rappelle alors des acteurs historiques de l'émission. On lui reprochera alors ne plus oser, et de balayer ce qui a fait sa réputation. Mais qu'importe, le résultat est là, car le succès est à nouveau au rendez-vous. L'année suivante, le producteur de l'époque, Dick Ebersol, quitte le navire, et Lorne Michaels revient aux manettes. Mais la reprise ne sera pas aussi facile que prévue, la saison qui sivit le retour de Michaels fut une véritable catastrophe aussi bien critique que publique, ce qui fait que le show fut très proche de l'annulation. Il faudra attendre alors les années 90 pour que l'émission retrouve une nouvelle jeunesse.

 

http://biobreak.files.wordpress.com/2010/02/morecowbell.jpg"More cowbell!" Un des sketchs les plus cultes de l'émission.


Lorne Michaels parviendra finalement a faire retrouver un rythme de croisière à l'émission, notamment en faisant revenir certains fondamentaux de l'émission, comme la satire politique. Magré une aura un peu amoindrie, les castings pour faire partie de l'émission ne désemplissent pas, et les places sont chères. Les années 90 verront l'arrivée des acteurs les plus mémorables du show: Mike Myers et Dana Carvey (Wayne et Garth de Wayne's World (sketch du SNL à la base) ce sont eux!), Will Ferrell, Jimmy Fallon (aujourd'hui à la tête du "Late Night" sur la même NBC), Ben Stiller (malgré un court passage), Adam Sandler, etc.. Toute cette caste d'acteurs illustre aujourd'hui la comédie populaire américaine. L'émission est désormais vraiment redevenue une référence et, bien que désormais moins mirobolants, n'a absolument pas à rougir de ses scores d'audience, malgré ses 35 bougies. L'émission est même un véritable carton lors des périodes électorales.

 

Cela n'a même jamais été aussi vrai que lors des dernières présidentielles américaines, notamment grâce à une Sarah Palin plus vraie que nature interprétée par Tina Fey, que l'on retrouve aujourd'hui dans la série 30 Rock (qui dépeint la vie fictive de la chaîne NBC au sein d'une équipe d'émission humoristique proche du SNL, présentée par un acteur interprété par Tracy Morgan, lui aussi ancien membre du SNL). La génération récente et actuelle du show connaît également toute une pléiade d'acteurs et de sketchs récurrents déjà cultes. On pense notamment à Tina Fey donc, Andy Samberg, membre de "The Lonely Island", troupe humoristique découverte sur Internet (et dont ses accolytes ont rejoint la troupe d'auteurs de l'émission), et qui a déjà pas mal de choses à son actif: un album de chanson humorsitiques avec sa bande, un film (le génial "Hot Rod"), et des sketchs déjà cultes: les fameux "Digital Shorts" comme "Dick In The Box" ou "Laser Cats"! Mais ce serait également oublier des noms prometteurs comme Bill Hader (qu'on a souvent vu dans les productions Appatow, notamment dans l'excellent "Superbad" ("Supergrave" en VF), en flic abruti), ou encore Will Forte, que l'on verra prochainement dans le film "Mac Gruber", parodie de Mac Gyver qui est née... dans le Saturday Night Live justement! Cette série de sketchs est d'ailleurs à découvrir d'urgence!

 

http://1.bp.blogspot.com/_eP-TQH6WbX0/SBDzNfkJUOI/AAAAAAAADBU/BUF-9F9RwMM/s400/Saturday%2BNight%2BLive%2B-%2BTina%2BFey%2Band%2BJimmy%2BFallon%2Bhost%2BWeekend%2BUpdate.jpg

Tina Fey et Jimmy Fallon lors de la séquence du Weekend Update, faux journal hebdomadaire.


Encore une preuve, s'il le fallait, que Saturday Night Live est bien plus qu'une émission humoristique. Elle a vraiment façonné une grande partie de la scène humoristique américaine, qu'elle soit sur scène, au cinéma ou à la télé. Beaucoup de choses découlent de ce show, et cela ne compte certainement pas s'arrêter en si bon chemin. Amis français, si des émissions comme celle des Nuls vous manque, si le stand up français vous consterne, si Anne Roumanoff vous donne des boutons, vous savez quoi faire. On a tous un cousin en amérique qui nous envoie des cassettes de shows américains...

Par Guillaume - Publié dans : TV
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /Jan /2010 22:33

http://twitchfilm.net/galleries/Rubber1.jpg

N'ayant pas grand chose d'assez intéressant et de récent à me mettre sous la dent ces derniers temps pour pouvoir en parler ici (peut être une review de "The Book of Eli" dont on m'a dit le plus grand bien), voici donc les premières news et images d'un film qui devrait arriver cette année, même si rien ne le confirme encore. J'ai déjà déclaré tout mon amour ici pour l'injustement sous estimé "Steak" de Quentin Dupieux, avec Eric et Ramzy. Vu le bide en salles et la  mauvaise réputation non méritée de ce film, rien ne laissait présager de bon pour l'avenir de Mr. Oizo au cinéma. Il semblerait que l'avenir soit moins sombre que prévu, puisque le réalisateur/musicien est actuellement en train de finaliser son nouveau métrage. Ca va s'appeler "Rubber", et cela s'annonce encore plus improbable que "Steak".

http://www.hbevol.com/youaretheshit/wp-content/uploads/2009/12/affiche_rubber.gif

Jugez plutôt le résumé: Robert est un pneu (oui, un pneu) dont la famille a été décimée, brûlée sur le bord d'une route en plein désert. Il va alors prendre vie et conscience, et décide alors, après s'être entraîné sur des insectes, de se venger des humains en allant leur éclater  (au propre comme au figuré) la tête... comme des pneus.

J'imagine déjà d'ici la mine consternée des détracteurs de "Steak", et je m'en régale d'avance. Un pitch aussi improbable fait plaisir à voir, surtout dans le petit monde étriqué du cinéma Français. Quelques détails concernant le film: on retrouve au casting l'acteur américain Stephen Spinella (vu dans "Harvey Milk" notamment), Roxanne Mesquida (vue dans le très dispensable "Sheitan"), ou encore Pedro Winter, l'emblématique big boss du label Ed Banger. A la bande son, Dupieux fait à nouveau appel à ses potes du monde de l'électro, comme pour "Steak", puisque que SebastiAn, ainsi que Gaspard, la moitié de Justice, seront aux manettes.

Pas plus d'infos pour le moment, notamment la fameuse date de sortie. En attendant, voici une galerie d'images délivrée par le site twitchfilm.net:

http://twitchfilm.net/galleries/Rubber6.jpg
http://twitchfilm.net/galleries/Rubber5.jpg
http://twitchfilm.net/galleries/Rubber4.jpg
http://twitchfilm.net/galleries/Rubber3.jpg

http://twitchfilm.net/galleries/Rubber2.jpg

D'autres images sont à découvrir sur le twitter de Quentin Dupieux. Il y délivrera sûrement les premières infos à connaître. En tous cas, franchement, si "Rubber" n'est pas le meilleur film de l'année, je suis prêt à reverser l'équivalent en euros d'un lingot d'or invisible à une association.
Par Guillaume - Publié dans : Cinéma
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Catégories

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés